AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

CEMAC
Leoncio Amada Nze en mode lobbying

La zone CEMAC est composée de 6 pays avec une population d’environ 54 millions d’habitants, et une économie dominée principalement par le secteur pétrolier, qui représente 80% des exportations et 75% des recettes fiscales selon la Banque mondiale et le FMI. C’est l’une des zones les plus exposées aux fluctuations des prix du pétrole sur les marchés internationaux et sera la zone économique la plus touchée par la crise de Covid-19 sur l’ensemble du continent africain en raison de la faible intégration et diversification de ses économies.

Dans la sous-région de l’Afrique centrale, des pays comme le Gabon, le Congo, le Tchad et la Guinée équatoriale sont en effet parmi les plus impactés en termes économiques étant donné le poids des exportations de pétrole dans leurs exportations totales. Dans un scénario de 30 $ / baril, cela représente une réduction de 50% des recettes d’exportation de pétrole provoquée par une contraction de la demande et des prix, avec ses implications négatives pour les programmes sociaux des États.

C’est dans ce contexte que Leoncio Amada Nze, président pour la région CEMAC à la Chambre africaine de l’énergie et PDG d’APEX Industries, entreprend une véritable campagne de sensibilisation en faveur des réformes structurelles de fond qui permettraient à la sous-région de sortir de l’ « état de léthargie dans lequel elle se trouve ». Pour lui, les revenus pétroliers devraient désormais être utilisés dans le cadre d’un nouveau paradigme économico-financier dans l’objectif de rendre effective la diversification économique. Il soutient par ailleurs que le secteur pétrolier doit avoir « une forte composante de contenu local à travers la mise en œuvre de projets en aval pour maximiser la valeur locale des ressources de chaque pays.

« Cela doit être fait en faveur de la diversification et de l’industrialisation économiques induites par un commerce transfrontalier plus détendu et en tirant parti des opportunités et des synergies offertes par la transformation numérique et l’intégration régionale promues par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) », soutient-il.

Mais en plus de militer pour une économie plus diversifiée en zone Cemac, Leoncio Amada Nze travaille également, mais subtilement, pour accroitre l’influence régionale de la Guinée Equatoriale. Cette dernière qui veut assurer le « leadership et l’unité pour préserver la continuité des opérations pétrolières et gazières dans l’industrie alors que les prix du pétrole s’effondrent »